Biographie

Robert Tatin est né le 9 janvier 1902 à l’Epine d’Avesnières à Laval en Mayenne dans un milieu modeste et contrasté, entre un père Dreyfusard et une mère catholique pratiquante.

En 1909, il s’assoit sur les bancs de l’école communale, jusqu’au certificat d’études. Il commencera ensuite son entrée dans la vie professionnelle par un apprentissage de peintre en bâtiment. Il entre alors dans la voie de la construction et de la création qu’il ne quittera plus jamais.


Dès 1918, il s’installe à Paris à dix-sept ans en tant qu’ouvrier peintre-décorateur. En parallèle, il étudie le dessin et la peinture en fréquentant des académies libres. Il est inscrit à l’Ecole des Beaux Arts de Paris et à l’atelier de fresque de l’Ecole des Arts Appliqués.

De 1922 à 1924, il fait son service militaire à Chartres où il suit des cours du soir de trigonométrie, de géométrie descriptive et de géométrie dans l’espace.

Rentré à Laval, il entame à vingt-trois ans une formation de charpentier de plusieurs années.

A vingt-huit ans, en 1930, il crée à Laval son entreprise en bâtiment qui s’accroit très rapidement. C’est une période prospère pendant laquelle Tatin voyage beaucoup. Il découvre ainsi plusieurs pays d’Europe, l’Afrique du nord et New-York en 1938.


En 1945, profondément marqué par les horreurs de la guerre, il décide de se lancer dans une vie artistique sans concessions. C’est un tournant capital dans sa vie de créateur. En 1947, il crée à Paris un atelier de céramique et de peinture. En participant à la reconstruction du « Paris culturel », il fréquente Prévert, Breton, Cocteau, Giacometti, Dubuffet, et jouit d’une reconnaissance nationale.

En 1950, Tatin décide de quitter la France. Il part pour le Brésil et travaille d’abord pour Matarazzo Sobrhino (directeur du musée des Beaux Arts de Sao Paulo et riche industriel) comme peintre, sculpteur et céramiste. Il fait partie d’une équipe de techniciens et de chimistes qui étudie les hautes températures. Tatin approfondit ses connaissances dans le domaine de la céramique. En 1951, il expose à la première biennale de Sao Paulo et obtient le premier prix de sculpture. Il traversera ensuite l’Amérique du Sud : Argentine, Uruguay, Paraguay et Chili jusqu’à la Terre de Feu. Au contact des Amérindiens, Tatin se libère complètement des dogmes académiques et élargit son registre de formes et de couleurs. Sa notoriété devient internationale.


De retour en France en 1955, il s’installe à Vence, travaille à Laval et à Paris. Dans le domaine de la peinture, c’est à cette période qu’il affirme toute l’étendue de sa technique picturale. Il expose à Paris, notamment dans la Galerie de l’Université de Robert Steindecker, devenu son mécène. En 1961, il décroche le prix de la critique à Paris.

En 1962, Robert Tatin revient définitivement en Mayenne, achète une petite maison à Cossé-le-Vivien et se lance, en compagnie de sa jeune épouse Lise, dans la construction de sa « Maison des Champs ».

tatin3