• Accueil
  • A la une
  • Daniel Molina : l’Esprit multi-chrome / Vernissage samedi 17 juin à 15h

Daniel Molina : l’Esprit multi-chrome / Vernissage samedi 17 juin à 15h

À travers un délicat travail de combinaisons de perles en plastique de couleurs, l’artiste Daniel Molina nous entraîne dans une expérience sensorielle atypique. Les jeux des contrastes, les formes organiques et les détails se succèdent les uns aux autres presque sans fin. Mais combien de jours l’artiste passe-t’il à les assembler ? Cette question est importante tant la temporalité occupe un des sujets centraux de cette exploration à la fois picturale et chromatique.

En travaillant avec ces petites pièces, en essayant de maîtriser une technique difficile et répétitive, l’artiste évoque les pratiques artisanales des peuples indigènes de la Colombie, tels que les Emberas et les Kofanes, pour lesquels le tissage de perles est aussi une manière de communiquer et de donner un sens au monde. Le travail des formes et des couleurs dans les œuvres de Daniel Molina rappellent, sans chercher à l’imiter, la richesse visuelle et symbolique propre à ces cultures millénaires tout en trouvant un chemin singulier d’exploration créative qui s’intéresse au geste plus qu’à la simple recherche formelle.

Ainsi, dans l’effort pour s’approprier un matériau, un savoir-faire et un langage local, l’artiste porte un message universel sur le besoin de réfléchir aux modes de production actuels. Il tente de transformer notre rapport au monde, au temps dédié à la création, à la nature et à l’histoire.

L’artiste Daniel Molina sera présent au musée les 19 et 20 juin pour une séance

de création d’œuvres ouverte au public. Venez voir l’artiste au travail et échanger avec lui.

« Le matériau est le centre de mon travail. Les perles (que l’on appelle chaquiras) sont pour moi un pont entre le travail de tissage des peuples amérindiens, tels que les Emberas, les Kofanes, les Camëntzás, les Inganos et les Yaconas en Colombie, et le monde actuel de l’image construit de pixels sans cesse en mouvement.

J’explore et recherche les combinaisons des couleurs et les formes créées par ces peuples pour imaginer une nouvelle dimension picturale en agrandissant l’échelle et en jouant avec les sens des formes. Le procédé de réalisation est millimétrique, contemplatif, minutieux et lent. Cette pratique implique pour moi une position politique : elle est une contestation à l’industrialisation et une opposition à la vie automatisée et dominée par d’incommensurables flux d’informations. L’usage de cette technique veut proposer une pause, devenir un symbole de liberté et ainsi, sauver les pratiques oisives dans les sociétés productivistes d’aujourd’hui.

Je perçois mon travail comme une invocation et une prière pour la vie. Cette volonté peut s’exprimer en formes abstraites ou figuratives. Toutefois, la couleur demeure le sujet central de mes créations. Elle se transforme, elle capture le regard et le perd dans des labyrinthes, des lignes et des contrastes. Cette expérience sensorielle de la couleur est dans mon travail la voie d’accès à l’esprit où les idées naissent et la volonté surgît. Je cherche à atteindre le cerveau dans son comportement le plus primitif, celui qui précède l’utilisation des concepts, pour offrir une richesse visuelle où se trouve retenue une force colorée ». Daniel Molina